avril

 

 

 

 

au fil des strates – atelier M&A.F

ah ah, moi, peindre à l’acrylique, quelle nouveauté, 

enfin, depuis quelques décennies

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates – atelier M&A.F

acrylique sur contreplaqué, 113×53 – détail

 

 

 

 

160420241520 – promenade – remanié

. . . quoi de plus ? Un fil invisible, certainement. Finalement, les mots se déploient le long de leurs graphies. Et pour peu qu’elles soient folles, l’univers s’y transforme. Il y a peu ; les choses tendent à se dérober, contentons-nous d’indices. Qui s’émousse, d’une lame puissante, telle nature délivrée. La fluidité n’est plus la même. Pourtant, il y aurait de quoi frémir. Les avancées ne sont jamais acquises. – Peu importe, de ces marches sans fin, vers les marais maudits, lieux de nos cendres, de nos centaines de filles, sœurs, mères, grand-mères, même avec une jambe en moins, elle, elle seule, dans sa solitude de mort, dans un fossé, elle demeure éternelle ; ils ont échoué à la détruire, nous avec, notre groupe de femmes est éternel.*1 – C’est ça le truc. Une drôle de résistance de la matière molle et même d’un morceau de bois, ramassé par une gitane pour se réchauffer. Il faudra la radicalité de l’effacement. Une forme de caviardage par le brouillard ou l’écume. C’est la même chose. Des gouttes de pluie, des gouttes d’eau, rien d’autre. Des gouttes de vie. Un écran, une bataille, avant même l’existence. Alors vous savez, hein, il n’y a rien d’original. Tout à l’heure, notre ami, tout juste revenu du Vietnam, à parlé de la poussière, il a dit une chose extraordinaire : ” La poussière est immortelle “. C’est ça. Il a aussi rapporté un témoignage, là-bas, ils disent être comme le bambou, ils résistent à toutes les formes de désastre, mais surtout, leurs racines sont millénaires. C’est le truc terrible, le truc “qui tue”. Oui, dans l’univers, que deviennent les poussières d’étoiles ? Est-ce que la poussière est la matière essentielle de l’âme, la ” Particule de Dieu ” ? L’écume serait la poussière de l’eau ? Le brouillard, les nuages, autant de particules (gouttes) aqueuses. Et nous, de notre chair, où en sommes-nous du pourcentage d’eau, de sueur et de densité de notre âme ? Quelles seraient les diffractions, les interférences, dans notre structure, nos défigurations post/atomiques ? Puis est venue l’actualité ; quelle position, état d’esprit, posture ? La folie, la bêtise ou la troisième voie ? Finalement, nous retrouvons la structure sociologique, anthropologique, du village archaïque ? Enfin, est-ce une “ bonne semence ” *2 , combien de graines dans le champ, combien dans le fossé ? – je ne sais pas 

*1  – Cette phrase est librement inspirée d’une lecture de “AUCUN DE NOUS NE REVIENDRA”, de Charlotte Delbo, aux éditions de minuit

*2  – Dire que les petits clous de tapissier servant à monter la toile sur son châssis s’appellent “semences

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

“fenêtre” – au fil des strates – atelier M&A.F

acrylique sur contreplaqué, détail

 

 

 

 

 

 

 

150420241135 – carnet lin, pages 92/93, transcription

. . . les mouches . . . une mouche bourdonne. Ce n’est pas celle de Marguerite, ni celles de Mantegna, perçant son Saint Sébastien, en fait, de celles de Dali. Je revois l’atelier là-bas, si loin, il y a si longtemps, je me souviens très bien. Ce qui me sépare du passé, ce sacré passé, mais là, aujourd’hui, c’est le présent, cet autre atelier, où le confort est presque irréel. Les remous, les tumultes, les tourments du monde percutent mon quotidien, s’immiscent dans ma pensée. J’écrivais hier : “ folie douce“, mais c’est plutôt la quête d’une légèreté qu’il faut chercher. Et puis, la rencontre fortuite sur cette table, enfin son plateau, son panneau de bois, l’improbable, elle aussi conditionne mon actualité. Où en sommes-nous avec la légèreté ? L’idée légère. Ta chevelure féminine, discrètement parfumée. Tu es là, sur cette rive commune, en pleine chaleur, caressée par un vent frais, la brise d’allégresse. Quel pays, de quelle enfance, de quel jardin, subsistent nos souvenirs ? Retrouver, inventer le réel, rendre vrai, réaliser nos rêves ? Être de cette autre folie, dans le parfum de ton être. Changer de vocabulaire. La difficulté est de taille. Alors oui, la chambre blanche, sa modeste fenêtre, ouverte, son voile frémissant, tamisant le dehors. Nous entendons le bruit des vagues mêlé à ceux des enfants, si proches dans l’air, tout à leurs jeux dans l’océan. Il s’agit d’une qualité rare, très furtive, plus précieuse qu’un diamant, elle est sertie de plénitude. Lâcher une partie de ma mémoire. Oublier pour renaître à l’aube. Penser autrement, comment faire ? Le prix des choses. Trouver le mot. La journée serait peut-être réussie ? Renoncer. C’est le prix. L’unique moyen d’alléger. Lâcher toutes les injonctions ! De quelle pauvreté, vers quel grâce ? Quelle est la garantie d’être toujours au plus près ? Se saisir de cette idée, en faire la perspective. La chambre d’amour . . . une rive, une bordure océanique, une saison clémente, quoi d’autre ? Une colombe passe, est-ce celle de Picasso ? L’émotion n’est plus très loin. Au regard du dénuement, ce n’est pas si mal. Délice du jour. Lâcher – c’est à cet instant que commence le tableau

 

je vois l’atelier

si loin

il y a si longtemps

les tourments du dehors

percutent mon quotidien

ta chevelure féminine

discrètement parfumée

la chambre blanche

plénitude

lâcher une partie de ma mémoire

une colombe passe

où en sommes-nous avec la légèreté

trouver le mot

lâcher toutes les injonctions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

140420240127 – promenades

folie douce

. . . nous ne réalisions pas. Aveuglés par le luxe de notre confort, de nos écrans de fumée, assourdis par l’écho “somnifère”, amplifié et réverbéré, par nos montagnes d’or ;  devenus muets, progressivement insensibles, déshumanisés, par l’abandon individualisé, cette intoxication générale, totale. Nous ne réalisions pas l’extrême subtilité contemporaine qui nous faisait prendre les effets lointains de la brutalité planétaire pour un accident mineur au delà de notre terre de lait et du miel. Par pure paresse, laxisme exacerbé, nous déléguions tout, autruches la tête dans le sable, nous avons tout accepter, sans révolte, sans responsabilité et laisser s’installer le chaos, l’entropie. L’esclavage, les guerres, les génocides, la destruction de l’humanité, pour le gain halluciné de quelques uns. Quels poètes, quels troubadours, annoncèrent notre tragédie, quels futurs artistes commenteront notre malédiction ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

huile sur Canson marouflé sur toile libre

50×50 – ensemble et détails

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

110420240152 promenades

 

à Jacques,

qui m’a fait goûter

hier soir

un fromage

rapporté d’Ukraine

 

. . . au fil des strates, l’heure est bien douce ici. Oh oui ! infiniment douce, de lait et de miel. Si précieuse. Ici, là, en ces instants, on ne se cache pas, pas de bombes, de l’eau à volonté, pour boire et se laver, un toit, de l’électricité sans restriction, du linge propre, douceur du linge propre et parfumé, du pain, à manger, des pharmacies, des routes sans trous énormes . . . mais pour combien de temps ? Ainsi, quoi, que font-ils ? – Et moi, vieux civil planqué, qu’est-ce que je fais pour la paix, pour le CESSEZ LE FEU !!! ? Où en sommes nous avec le temps ? Oh ! presque rien, pas grand chose. Les vagues sont presque régulières, les sauveteurs ne sont pas sortis aujourd’hui. C’est une question particulière, une histoire de réduction des formes. Et de tout le reste d’ailleurs. Cendres et poussières. Cendres et poussières, je prépare mon sac à charbon et mon cercueil en carton. Ça n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Les lettres sont sacrées. Elles s’inscrivent sur/dans un diagramme structuré par le croisement de deux lignes, verticale et horizontale. Une sorte de surface, de territoire sanctuarisé. Il faut dire ces choses là. Et sur ce plan au nombre d’or pulvérisé, atomisé, alors, les débris se dispersent sans fin et aléatoirement, débris d’étoiles. La géométrie de la grande étoile des diagonales est brisée, défigurée, l’abstraction est à son comble, l’ami Wols est parmi nous. Tout semble perdu pour la tradition, l’irrationnel est conquis. Les points sensibles sont anarchiques, ils n’obéissent plus aux injonctions du tracé classique, c’est la révolte générale ? non sire, la circonvolution, une instance parabolique, le geste libre est devenu maître de lui même ; la fin de ce subtil esclavage contemporain ; et dans la rue, les pavés volent au vent, comme des slogans, pétaudière et chienlit, salauds de pauvres, tous des enragés ! Même le pinceau, quoique, quoique. Ne bousculons pas Catherine Denis dans les orties, il nous reste ces si belles cursives folles comme modèles

0506

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouvelle période pour le chevalet bleu

ne pas confondre avec le Cavalier bleu

 

atelier M&A.F

 

 

 

10420242037 – promenades

. . . au fil des strates et des jours. Je te disais, chère amie, tout à l’heure, devant ton désarroi (le cœur en tumulte et en détresse) dans ton métier, mon amertume sur une autre amitié, endommagée par une spoliation, ressentie dans toute son injustice, pour quelle raison, par l’effet de quelle cause ? Ainsi sont les humains, nous inclus. Et ce baume inattendu, couleur bleue, ces derniers jours. Oublier, oublions, l’incompréhensible – dépasser le ressassement, «résilier» ? peut-être ? Constat ! Voilà. Ce qui est perdu est perdu. Un être, des objets, nos trésors . . . oublions, dépassons – tant mieux pour eux, dans leurs gains d’apparence. Mais j’y vois une faille sérieuse du discours et des postures, vraiment pas de moindre importance. Tant pis, je ne cultive pas la rancœur. Je te disais ce déclin de civilisation, de perte d’humanité, lorsque les affamés se volent le moindre morceau de pain. Nous vivons une nouvelle forme de misère de notre ère, le paroxysme du capitalisme : l’œuf du serpent : C’est dans cette société troublée, où « suintent » (selon les mots du narrateur) la dépression et la folie, la misère et le crime, que l’humain, perdu dans la masse, cherche à se libérer, même au prix du plus grand sacrifice, celui de son humanité.“. De son miroir démoniaque, le capitalisme empoisonné par son propre venin, lâchement, se regarde mourir doucement, halluciné par sa folie. C’est à frémir – sueurs froides. J’oppose mes infinies variations d’IKB, comme résistance à l’ordre brun, ambiant, menaçant – Robert, au secours ! – Oui, hier, nos sauveteurs ne sont pas sortis, il faisait si beau, la mer était d’huile, et sur la rive, après ma fièvre, j’ai rejoins les canards, je vais allé me baigner dans l’eau parfumée du Jourdain. Amie, merci d’être venue vers moi pour m’aider dans la lecture de ton poème, j’y suis très sensible. Et je pense que c’est un signe d’avenir (Manifeste ?) pour nos plus beaux projets d’écriture et de lecture. – Il faudra dire nos cendres, la douceur souhaitée de notre finitude. Moi, mon testament, être royalement dans une boite en carton, j’y tiens, et du carton le plus vulgaire, et hop ! Pas un centime pour les pompes ! Après, les cendres au jardin du non souvenir : une poubelle, un terrain vague, peu importe, pas de cérémonie, pas de spectacle, pas de pleureuses (quoique), snif, voilà. Laissons la vie aux vivants

 

* * *

 

100420241805 – promenades

. . . au fil des strates ou des heures d’atelier ; jour de lumière – jour de joie. Alors, sur une table, mon champ d’immanence à moi, je tenterais d’écrire-peindre quelque chose, poème aux allures folles, peu importe, dans ce reflet du verre, la couleur céleste. Je remettrais l’ouvrage sur l’établi, car, quoi faire, qu’être d’autre qu’un Homme du commun à l’ouvrage ? Les lettres seront de tous les outils, de toutes les alchimies, de tous les transferts, de toutes les frontières, toutes les teintes. Cet instant si particulier où se confondent le jour et la nuit sur la ligne d’horizon. Il faut dire ce moment, cet instant incroyable de l’intersection des lignes. Là où naissent toutes les promesses de réconciliation. Alors oui, en brossant ta chevelure, mon plus beau geste d’amour vers toi, là, où nos chants de paix exprime notre plus douce humanité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates

huile sur Canson marouflé sur toile libre

50×50

 

 

 

 

 

 

 

080420242130 – promenades

. . . peut-être, peut-être, comment savoir, comment être dans une certitude, laquelle ? Je ne sais pas. Finalement, ce n’est pas une question “d’humeur”. Non, c’est bien plus sérieux, bien plus profond que ça. C’est la vie. Chaque jour est terrible. Toujours sur la frontière. Au point de fuir les miroirs. Tant et tant d’années pour effriter l’innocence. C’est comme une photo, un reportage de guerre. Quel est le moment d’épiphanie ? Quelle est cette infime parcelle de paix ? Comment ne pas devenir fou ? Où sont mes amis au milieu des décombres ? Se battre pour un bout de pain pendant que d’autres ont des problèmes de dépenses, de fortunes, pour faire la fête. Voilà notre monde, d’un côté du territoire, une rive, la guerre, de l’autre la fête. Abel et Caïn ne sont pas très loin. Alors quelle prière ? Il semble que la prière soit sans véritable adresse ? Peut-être est-elle faussée, pervertie ? Ô douce violence, tu me torture. J’ai beau cherché, je ne trouve pas. Si, j’ai trouvé, bien sûr, cette douceur de ma caresse dans tes cheveux. Je prends ta brosse pour les lisser. C’est mon geste d’amour, de tendresse, envers toi, pour contrer le malheur. Cette brosse est l’arme de la paix. Plutôt que de peindre des tableaux, faire des instantanés de guerre, je ferais mieux de brosser ta chevelure parfumée et te dire mon amour. J’ai échoué dans l’amour et la paix. Il y avait un parfum inconnu qu’aucune Marque ne captera. Où en sommes-nous, depuis ce temps passé ? Quelle plainte dira la ville assise et ses mères dévorant leurs enfants au milieu des flammes du temple ? Oui, le cheval reste sans nom dans le désert, mon Néguev. L’adolescence parfumé des rêves purs. Le sang n’est pas plus doux que le miel. Nous ne pouvons vivre autrement que dans la projection. Alors, quelle soit belle, sublime, merveilleuse, pleine des plus belles promesses de bonheur. Il faut admettre. Avoir cette humilité. Devant les êtres et le ciel. Le cheval sauvage continue sa course dans le désert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates

huile sur Canson marouflé sur toile libre

50×50 – détail

 

 

060420241846 – promenades 

. . . mais après, quelle folie, quel néant ? Difficile à dire. Pour le cheminement. Donc, le tableau et la matrice. Le jour se lève. Les vibrations déterminent la position de la colonne vertébrale. C’est déjà pas si mal. L’univers est ramassé chère Virginia. Les instances changent, évoluent, enfin, nous aimerions. Un livre de pierre certainement. Il n’y avait pas de nuage. Il ne manquait rien au manque. Infiniment. C’est une forme de fidélité. Un drôle de présent. Syncopé. En fait, quel sont les pensées des enfants, quels désirs, quels délires, quels rêves ? Comment pointé ce temps particulier où tout semble en devenir, promis ? Quelle terre ? Quels sont ses anges, ses étoiles ? Comment inventer sa lecture et ses commentaires ? En fait, c’est là que ça se tient. Nous ne savons jamais l’efficacité des saisons, ça nous dépasse. Ce qui semble pénible peut s’avérer bénéfique. La lettre est certainement très diffuse, elle pourrait bien disparaître. Le repère, le but, l’objectif, le cap . . . je crois que c’est ça, la fidélité à une idée, une pensée, un désir, un rêve. Le moment où se formule, s’énonce, même maladroitement, le projet. C’est ça. C’est à cet instant que se tient toute la beauté d’une vie, très exactement. Et même, avant sa formulation, sa conscience. Avant les mots. C’est là le sublime, la grâce. Voir ça chez l’enfant, c’est bouleversant. Oui, les enseignants connaissent ça sur le bout des doigts. Izambard, imaginez l’instant où il à vu, où il a compris . . . l’enfant ne savait pas, il ne pouvait pas savoir, il vivait sa tourmente. La fracture entre eux est terrible, tragique. Ils s’aiment mais le décalage va les perdre l’un pour l’autre. Les reproches du gamin sont déjà de cette violence qui s’annonce, pour vivre sa vie, rien que ça. Le devenir est déjà condamné, aucun ne le sait. Ça sera dévastateur. Un désastre, aux débris universels, avant Hiroshima. Alors oui, le gamin, l’instant précis où se forme sa pensée, son avenir, pleine des parfums de l’époque, tant de sensations, d’images inconnues, révélées quasi brutalement, pleine des révolutions en cours, pleine de sa naïveté qui vaut toutes les fortunes, tous les diamants, toutes les étoiles. Demain. Ah ! Demain, nous n’y sommes jamais. Il faut partir, alors le gamin est parti. Et pour faire bonne figure, il leur a lâcher quelques vers envenimés. Personne ne peut comprendre et ça fait toute la différence. Le cheval sans nom est déjà au désert, l’histoire commence. Il faut inventer son Néguev. Peut-être qu’il reflète, hors voyage, tel un plan d’immanence, le bleu du ciel, un diagramme innocent, ou la révolte, à la moindre injonction ? C’est âpre. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’on ne revient jamais sur ses pas. C’est peut-être là que se tient la malédiction divine ? Ça exprime quelque chose, il faut chercher, ne regardes pas en arrière sous peine d’être changé en statue de sel. De nouveaux statuts humains ou l’inverse ? Mais je m’égare. Hélène avait été amusée par ce verbe, cette trouée de conscience dans la fièvre. Finalement, à présent, d’une promenade à l’autre, s’égarer inaugure la découverte ? J’aime me répéter cette citation attribuée à Max Ernst : “Un peintre qui s’est trouvé est un peintre perdu

 

 

 

 

 

 

290620121915 – autoportrait caviardé – détail

technique mixte sur panneau MDF – 20×20

collection Jean Moreau – Loiret

 

 

 

 

 

060420240033 – promenades

. . . ça sera toujours ainsi, dur, âpre, difficile, oxydant, douce torture, c’est comme ça. Il faut perpétuellement réaligner la perspective. Et c’est toujours après coup que les choses se placent, semblent se placer. Logique.

Je voulais dire merci. Vous dire merci, à vous, précisément, Michèle, Alain.

Hier, j’écoutais la version audio d’un article du Diplo sur la “dématérialisation“, ou là : dans cet article, l’auteur dit que dématérialiser revient à déshumaniser. C’est vraiment, tristement, la réalité, et le symptôme d’un déclin, pour ne pas dire LE déclin, de notre civilisation, (Allez à votre médiathèque pour lire la suite de l’article). Alors, vous, les amis, avec l’ouverture de votre atelier vers le partage des cultures tout azimuts, je voudrais simplement vous dire merci, MERCI d’humaniser au plein centre de l’entropie générale.

La porte inconditionnelle était de quelle couleur, pour faire acte fou, une nuit ; enfin, pas si folle que ça la cursive. Les poètes ont cette imprégnation de l’encre rouge et de ses débords

 

 

 

 

 

290620121915 – autoportrait caviardé – détail

 

 

 

 

 

0404200241350 – promenade

. . . avec le non sens, ou pire, une matrice bien sauvage. Une grande lâcheté pour si peu de courage. Si peu de courage. Par quelle faiblesse, quelle complaisance, l’infinie paresse, l’immense fuite, éternelle posture ? Mourir de ne pas mourir. Écrire ? Oh ! L’impudence. Vanité, bêtise ; Ophélia glisse à sa perte, chère Virginia, de toutes vos heures indicibles. Oui, il gravait les murs de l’asile ; devenus œuvre, monument dérisoire. Alors, le chemin, ce souvenir, cette sensation. Jeunesse âpre, studieuse contrariée, empêchée ? C’est ça. Le grand ratage. Tout part de là. Pas la peine de tourner autour du pot, ça n’est que ça, rien d’autre. Une si douce torture. Si paisible. Sans vagues fondamentales. Dites-moi votre rêve, je vous dirais votre malheur.

 

 

 

 

 

 

. . . la lune bleue est plus douce que le miel

atelier M&A.F

 

 

 

 

0304200241306 – remanié le 4

. . . jour de la reconstruction, avec quels indices ? C’est l’inconnu perpétuel. L’instance la plus totale, aussi large que l’horizon. Ce qui n’est déjà pas si mal, au regard de l’entropie ambiante. Mais bon, nous ne sommes pas là où nous allons. Il en faudrait plus pour voir clair, et même, pour échapper à l’obscurité, le sombre des ténèbres. Alors, le tableau ? Ah, cette question. C’est même une liste. Le chemin. Au départ, il n’y a pas grand-chose, c’est logique. Cette chose est subtile, raffinée d’une certaine manière, parce qu’infiniment ouverte sur le monde. C’est le sentiment, c’est toujours le point de départ. Cette période extrêmement courte, douce amère. Innocente parce qu’encore de l’enfance. Sentir, ressentir. Comment s’inscrivent ces marques, parfois, ces épiphanies ? Elle est là l’idée, la belle pensée. L’océan est un désert. Il faut y aller en douceur. Revenir au cheval sans nom à côté de la source. Peut-être, je n’en sais rien, mais ça vaut le coup d’y réfléchir. Lui, le cheminot, le conducteur des trains spéciaux, là-bas, il ne carburait pas aux drogues douces . . . La lune bleue est plus douce que le miel. Quinze, comment ne pas ressentir ? Intuitivement, sans nommer. Ressentir sans dire, sans paroles, dans cette béance discrète du langage, le silence. Et pourtant, au fil du temps, quelle est cette forme de cri ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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