juin 24

 

 

 

H   Y   P   E   R   J   O   U   R   N   A   L

  p o u r

H   Y   P   E   R   T   E   X   T   U   R   E   S

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates – série triptyques : vue d’atelier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les lignes d’ombres naturelles, si infimes soit-t-elles, seront toujours en bas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates : triptyque 9/9 . détail . 050920230000 – huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

180620240030           

. . . croire ou ne pas croire, la lumière ne vient pas de la terre. Rien à faire, c’est imparable. Nous pouvons agiter toutes les cordes de nos guitares, revendiquer la moindre vibration de notre génie, rien à faire, la lumière ne vient pas de la terre. Les lignes d’ombres naturelles, si infimes soit-t-elles, seront toujours en bas. Mais quelle est la forme de la terre, est-ce un plan, une immanence, cette chose toute plate avec un voile sombre, étoilé, au-dessus ? Qui détient la vérité, l’ultime savoir ? Si je décolle l’adhésif de cette question, le support sera arraché, scarifié. Ainsi, la surface n’est pas neutre, idée comme lumière s’y plongent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates : triptyque 8/9 . détails . 050920230000 – huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

170620241330 

. . . car rien n’est moins sûr, car rien n’est moins sûr 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates : triptyque 7/9. 050920230000 – huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

160620241420 

. . . ça n’a pas de sens. Ça n’a pas de sens. Le câble n’est pas dans la boite ? Repenser aux ondes, les ondulations, les diffractions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triptyque 6/9 détail . 050920230000 – huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

140620241142

. . . pour cette étrange particule traversant le plan. Comment débute cette variation ? En fait c’est déjà arrêté, en toute logique. Une question de largeur, en toute logique, simple trace. Par contre, le geste n’est jamais définitif. Il faut repenser l’entropie au regard des sept pages. Finalement, qu’est-ce qui est fixe ? Les preuves du mouvement perpétuel sont partout. Finalement, qu’est-ce qui est “fixe” ? Donc la trace large, identique avec le temps. En fait, décisive, primordiale, elle installe le diagramme. Avec : caviardage, scarification et répétition. Il faut insister, encore et encore. Réfléchir à cette matière «dans le frais», il y a beaucoup à réfléchir sur cette question. En fait, j’en réalise l’importance, plus que jamais. Avec certains dictionnaires, toutes ces sortes de choses, les cursives folles . . . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triptyque 5/9 . 050920230000 – encre & huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

120620241003

strate blanche titane

. . . de quelles difficulté ou facilité ? C’est le jour énigmatique, simple en apparence et décousu. Est-ce un privilège ou cette chose d’une autre nature ? Oui, chaque jour porte sa série de questions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triptyque 4/9 détail . 050920230000 . huile sur Fabriano marouflé sur toile . 40×40 . 20×40 . 40×40 . strates 1,2,3,4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

110620241537         

. . . alors la feuille serait volante, enfin peut-être. Il faut toujours redéfinir les choses. Redéfinir. Il y a un fil qui sans faille se déroule allègrement, enfin presque. Agencer. Tester les feuilles. Comment se débrouille-t-on avec l’indice infime ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triptyque 5/9 – – 050920230000 – encre & huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

100620241431         

. . . de toute façon, c’est constamment une bataille avec l’échec, la peinture est la plus forte, il faut rester humble. Ma peinture n’est que ça, un rapport à l’échec. L’intranquillité totale. C’est vraiment une bataille, la lutte. Il y a quelque chose de fou, de délirant. La patience est toujours mise à rude épreuve, vraiment, et pourtant je suis un “héros de patience”. Je réalise le truc, le retour du “&“. C’est une longue histoire. Il faudra prendre le temps d’écrire là-dessus et sur l’entropie aussi, primordial 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triptyque 5/9 – détail partie centrale

la luminosité est négative pour accentuer certains détails dans les blancs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triptyque 4/9 – – 050920230000 – huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40 – strates 1,2,3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Triptyque 3/9 – – 050920230000 – huile sur Fabriano marouflé sur toile – 40×40 – 20×40 – 40×40 – strates 1,2,3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

090620241525                           ●   on air

. . . donc, tout mouvement, ce qui bouge en permanence. Je ne sais jamais, il n’y a ni saisie ni maîtrise. Et en plus, il y a perte, oubli, mots perdus, oubliés. Il faut adoucir le processus. Évidemment, il s’agit de contraire, fin – large, fluide- consistant. Contradiction, antinomie, paradoxe, dualité. Ça reste un champ d’immanence, le plan des possibles. Ce n’est que l’épreuve, rien que ça et qu’est-ce qui s’impose, quoi, comment, qu’est-ce qui s’estompe devant nous, avec quelles interférences, quelles perturbations, turbulences ? Une pâte épaisse, dense, le pinceau devient truelle. Le centre c’est le cœur, le sacré. En fait, chaque jour, tout est remis en cause. Rien n’est acquis, définitivement acquis. C’est particulièrement inconfortable, l’antithèse du confort. Sorte d’intranquillité en somme. Choisir. Faire un choix, le fameux choix. Je ne sais jamais mes transcendances. C’est l’inconnu, l’aventure. Quelle est la part, la mesure de l’intuition ? Le grand jeu se tient là, une manière d’improvisation. Il ne faut pas couvrir, juste des ondes, assez fines. Il faut que ce soit épais, le plus possible, car une fois retravailler, il ne reste plus grand-chose. Trace fine en largeur, forte en épaisseur. Le secret c’était 2018 : des lignes fines, mais en relief. Variations, variations, pour paraphraser Ben

tout mouvement

qui bouge en permanence

je ne sais jamais

il ni a ni saisie

ni maîtrise

adoucir le processus

ça reste le champ d’immanence

ce n’est que l’épreuve

le pinceau devient truelle

le centre c’est cœur

le sacré

en fait

chaque jour

tout est remis en cause

rien n’est acquis

l’antithèse du confort

l’intranquillité

l’inconnu

l’aventure

quelle est la part d’intuition

juste des ondes

des lignes fines

mais en relief

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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strate 11

encre sur Canson Montval 300 gr . 16×16 . 7/7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

strate 11 – détail

 

 

strate 9 – détail

 

 

strate 8

 

 

 

 

 

 

 

 

070620241600               remanié

Le cycle de l’inhumanité

. . . folie douce. Même une seule ligne. Et si c’était la dernière ? En fait, j’ai toujours raisonné de cette manière. Penser aux sur/scarifications. L’égoïsme, chacun sa forme. Je repense à ce que disait Pierre Boulez. L’histoire des relations entre les êtres humains, disons la famille et au-delà de ce noyau cellulaire, la Nation, c’est vraiment un sacré truc. La famille c’est éminemment politique, foncièrement politique. Je repense à l’@nartiste Marcel Duchamp, là aussi, le refus de l’injonction est déjà révolutionnaire. Les caractéristiques de notre séquence, notre ère contemporaine, c’est la brutalité, le bruit, la folie, l’exhibition et finalement, la solitude. Tout est poussé aux extrêmes. Le capital, avec la destruction de la souveraineté des états, détruit l’humanité. C’est littéralement notre réalité. Ils sont parvenus à l’hallucination générale. Nous vivons dans la crainte permanente. La paix n’existe plus dans notre esprit du fait même des menaces. Nous sommes pris en otage. Nous vivons en état de conflit économique mondial, en nous demandant quand il deviendra armé. Ils en rêvent depuis des décennies et formatent nos esprits pour intégrer, accepter l’inéluctable, le pire, chaque jour un peu plus, un peu mieux. La résignation de l’esclave, voilà notre nouvelle actualité, sans perspective de rébellion, l’armée RoboCop est en ordre de bataille pour systématiquement nasser les rebelles, étouffer la contestation. L’humain n’est plus une variable. Le peuple a la mémoire courte. Relire l’Histoire. Des dizaines de milliers de morts, dans les pires conditions, pas de quoi céder à l’émotion. Le mot est dit, la chose est annoncée, ils ne se laissent pas aller à l’émotion. Autrement dit, le peuple ne compte pas. Alors, n’est-ce pas la grande mutation de l’humanité, l’ère post/humanité, le cycle de l’inhumanité. C’est la nouvelle vision. L’abominable est banalisé, décomplexé, sans honte, puisqu’on nous dit clairement que ce n’est ni le moment ni la question, de s’émouvoir. Le moment utile c’est celui du marché tous azimuts, le grand marché de la mort : la guerre

 

 

 

 

L’inhumanité

 

folie douce

   même une seule ligne

et si c’était la dernière

   l’@nartiste

le refus de l’injonction

le bruit

la folie

l’exhibition

la solitude

l’hallucination générale

la crainte permanente

   nous sommes pris en otage

accepter le pire

   la résignation de l’esclave

pas de quoi céder à l’émotion

la grande mutation

post humanité

la nouvelle vision

l’abominable est banalisé

ce n’est ni le moment

ni la question

   de s’émouvoir

le moment utile

   celui du marché   

   le grand marche

   de la mort

      la guerre

 

   . . .  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates . 3 à 7 . . .

encre sur Canson Montval 300 gr . 16×16 . 7/7

 

 

 

 

 

 

060620241932           

particules

. . .  plus fines, plus on monte, plus elles doivent être fines, encore plus claires au départ, jouer sur les limites, les variations de teinte. Ça commence à venir. Penser à la gravure, aux aiguilles et autres outils. Il faut les scarifications. Et peut-être encore un peu de rouge ? Oui, jouer sur la finesse. Plus on monte, plus c’est fin. Là c’est presque réussi. Ouf. J’ai peut-être compris quelque chose. En fait, on oublie trop vite, c’est pour ça qu’il faut toujours recommencer, revenir au point de départ. C’est une chose étrange d’oublier, au fil des jours, peut-être pour régénérer le processus ? Peut-être qu’on deviendrait fou autrement ? En oubliant, on repart comme neuf, quasiment. C’est ce qui anime l’humain, et même au-delà. On ne fait jamais exprès, c’est malgré nous, ça nous dépasse. Il faudrait être de mauvaise foi pour parler de maîtrise. Qui peut dire le mouvement des particules ? 

 

 

 

 

 

 

 

*   *   *

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates – 2,3,4,5, …

encre sur Canson Montval 300 gr – 16×16 – 6/7

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

040620241555      

.

des ruptures

ah

donc

oui

peut-être

enfin

pour

puisque 

. . .

.

. . . je sais l’atelier multiple, l’atelier mémoire, l’atelier souvenir, l’usine hors les murs, l’usine molle. Je sais aussi la température clémente, celle qui change tout et ramène à l’esprit l’instant de joie, sobre, discrète, humble. Rien ne manque. Même pas le son des cloches du village. Quelle nature, quelle vie débordante, quelle folie douce portée dans l’air, légèrement parfumé, dans ces résonances. Nous sommes sauvés. Connaître notre chance et du même coup sa précarité. Oui, adoucir l’ivresse de ce mauvais printemps, de cette saison triste. La saisie est une chose furtive. C’est de ça qu’il s’agit. De la fragilité de la douceur du temps. Je sais l’atelier dans cette ambiance, derrière les murs et au-delà des fenêtres ; les vagues au loin. Les fleurs en pleines couleurs s’épanouissent sur la blancheur éclatante des murs. Que la porte de l’atelier soit lourde, épaisse, blindée – d’un bois très dense – ou transparente et légère, elle n’est que le signe des fluctuations de ma prégnance. Pourtant, voilà, je regarde toujours devant avec un miroir sur le côté. S’enchaîner à l’atelier. Presque rien, enfin non, quelques scarifications, de l’écume rouge, sur tes ongles, chère institutrice, maîtresse d’école, là où se tiennent les fers imprévus, là où se tiennent les fers imprévus. Cahiers, carnets, albums, ou pas, peu importe, n’importe quoi, n’importe quel support, un bout de papier ou de carton, n’importe quelle encre, n’importe quelle couleur, n’importe quel langage, n’importe quel signe. Revenir au point de départ. Déchaîner les chaînes. Toucher nos amours, nos passions, nos tendresses, s’y perdre. Toucher, brosser indéfiniment, la chevelure de sa passion. Donner de son corps aux fers pour s’y évanouir, rompre l’invisible, d’un geste, d’une caresse, d’un coup de fusain sur la grande feuille. Faire le portrait de son amour par sa chevelure – brosser la toile – ombres, fines lumières, légères estompes, totale abstraction, gestes amples, ouverts – oui, assez des carnets, la grande feuille est déroulée sur le chevalet. Mais où es-tu partie, reviens ! L’atelier est transformé. Nous changerons de distance et d’outils, promis. Je serais comme un débutant, je renonce à tout, je changerais de trait. C’est ma grande suite, ma longue série, pour toi. Il faut, absolument, terriblement. Reviens ! Il faut ! Il faut revenir et reprendre le travail. Ainsi l’atelier. C’est dire notre chemin, nos différences folles. Pourtant, la fidélité est chevalière, héroïque. Oui, l’atelier a été réinventé. Ce n’est rien de le dire, mille punaises. Alors voilà, je reprends le dossier, je reprends le projet, mais en t’attendant, la figure est changée, à ta place je place un miroir. Es-tu partie te fondre dans la rivière, les poches pleines de ces pensées sans gestes, pour esquisser la toile non peinte, Ophélia-Virginia, reviens à l’atelier, nos écritures sont entremêlées 

.

.

. . . 

je sais l’atelier

l’usine molle

la température clémente

ramène à l’instant de joie

   sobre discrète humble

rien ne manque

quelle folie douce

   portée dans l’air

   légèrement parfumé

connaître notre chance

   et du même coup

   sa précarité

la saisie est une chose furtive

    de la fragilité

   de la douceur

   du temps

au delà des fenêtres

   les fleurs

   en pleines couleurs

   s’épanouissent

   sur la blancheur

   éclatante

   des murs

fluctuation de ma prégnance

  s’enchaîner à l’atelier

quelques scarifications

   de l’écume rouge

   sur tes ongles

là où se tiennent les fers

revenir au point de départ

donner de son corps

   aux fers

   pour s’y évanouir

d’un coup de fusain

   brosser la toile

nous changerons de distance

je serais comme un débutant

   reviens

revenir

reprendre

   ainsi l’atelier

la fidélité est chevalière

l’atelier a été réinventé

   la figure est changée

   à ta place

   je place un miroir

Ophélia-Virginia reviens

   nos écritures

   sont entremêlées

. . . 

.

.

.

030620241826

. . . voilà, il faut redire l’atelier, l’essentiel. Changer d’angle, modifier les espaces, avec les micro-incidents, inéluctables, en place de plâtre par exemple. Oui, revenir là-dessus. Ces petites choses non impératives. Là où se passent les aboutissements et les renoncements, les abandons, parce que l’esprit va beaucoup plus vite que la main. La pensée se déplace-t-elle aussi vite que la lumière ? Tant d’idées meurent avant d’atteindre la main, la moindre exécution. Nous sommes soumis à cette vitesse. Ainsi naît l’hypergeste. Radicaliser le processus créatif

 

redire l’atelier

changer d’angle

modifier les espaces

avec les micro-incidents

en place de plâtre

ces choses non impératives

. . . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates – 10

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates – 9

 

 

 

 

 

au fil des strates – 8

 

 

 

 

 

au fil des strates – 7

 

 

 

 

020620241503          

. . . et perdue dans quel brouillard ou quelle urgence ? Nous devinons l’effroi ici – mille fois, disais-je, dans la fraîcheur du jour. Ré inventer la souplesse du pinceau. Le programme est de taille. Un petit verre de grains de riz. Que faisons-nous avec le sacré, l’idée du sacré, que reste-t-il de sacré, la vie, l’être ? Tout est là. Avec un parfum, de joie, même endommagée. Quelles phrases, quels mots ? Se tenir à quelle distance pour voir clairement, de près, de loin, avec ou sans loupe ? Des cris et des larmes. Extraire, arracher. Chercher l’éthique, est-ce possible ? Atteignable ? Qu’est-ce que la vérité, de quoi, de qui, à quel moment, de quelle vibration de l’âme ? Oui, extraire, arracher, peindre le temps. Mon visage se transforme, j’imagine un autoportrait, aujourd’hui. Il n’est pas rare que je dise – je me fais peur dans le miroir. Est-ce possible d’assumer cette emprise ? Re partir du premier jour de la dernière série d’encres. Le premier modèle, il se serait coupé l’oreille. Imaginons cet autoportrait de manière abstraite, cette autre défiguration, à la lettre. L’usine à mots. Rien de nouveau. J’apprends la tolérance, c’est dire le boulot. Une vie d’intolérance à combattre, s’accepter pour accepter. Comment peut-on dire pareille monstruosité : «Ce peuple est un cancer.» ? Par quelle folie passe cette pensée ? De qui suis-je le cancer, la peste ; de moi-même ? Le travail est terrible pour sortir, échapper, à cette rigidité. Et même si ce n’est qu’une illusion, pas grave, agir quand même. Héritier de quel chevalier, justement, toujours au plus près. Il n’y a aucune autre fortune, pas la moindre, en dehors de ce refus. Finalement, peut-être une lecture, mais traitée comme un drone, sans effet, une voix plate, ou des lignes de texte, sorte de sous-titres sur images fixes, jetées là, discrépantes. La vérité fait peur, fuyons ! Dire ce décalage terrible, infernal, entre vérité et mensonge. Dans quel camp suis-je, quelle est ma posture ? Serais-je sans position, comme une feuille détachée de l’arbre ? Qu’est-ce que je cherche, quels sont mes désirs, mes rêves ? Survivre, mais pourquoi, à quoi, à qui, à ma propre entropie ? Oui, faire le grand vide. Peindre enfin le tableau blanc, ou bleu, ou noir, ou marron, ou vert, ou jaune, ou gris, peu importe la couleur ; seul compte le brouillage et l’effacement, par caviardage ou arrachement, par déchirures et scarifications. La révolte du papier. Détruire l’injonction, faire barrage. Ré inventer sa naissance, le territoire de son être, ses rêves, ses flux, contre vents et marées

.

quelle urgence

l’effroi ici

inventer la souplesse du pinceau

l’idée du sacré

parfum de joie

se tenir à quelle distance

extraire

arracher

chercher l’éthique

peindre le temps

cette autre défiguration

j’apprends la tolérance

une voix plate

des lignes

la vérité fait peur

fuyons

ma propre entropie

le grand vide

effacement

révolte du papier

détruire l’injonction

faire barrage

inventer sa naissance

ses flux

contre vents et marées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates – 6

 

 

au fil des strates – 5

encre sur Canson Montval 300 gr – 16×16 – 5/7

 

 

 

 

 

évanescence de l’esprit

ma chair de papier

extirper

déchirer

il y a tant à écrire

même mal

même

 

 

010620240000 remanié    

. . . parce que peut-être, un mauvais rêve, un presque cauchemar, pire même, un vertige du cœur, une ombre sur l’âme, une douleur punctiforme dans la poitrine, un souffle ténébreux. À sa table ou autour, il cultive son “dessein”, s’y distrait, bouge un papier, un carton, ajuste une plume, un pinceau, un bâton de graphite, une mine de plomb. L’heure semble grave, comment s’en échapper, quelle projection pour quel ailleurs ? Vers cette formidable construction de la fuite, la plus que vraie, la grande, l’éternelle insaisissable. Ça pourrait être votre portrait, chère, mais le courage me manque, la place du doute m’envahit totalement, à l’instant de vérité, poser le fusain sur la feuille, comme ma main sur vos cheveux. Il faudra reprendre votre pose et moi mes prétentions, que dis-je, mes vanités, oui, moi aussi, j’étais au pied du mur et n’étais pas maçon. Vider un verre peut-être, mais certainement pas croquer un morceau de sucre. Alors, oserais-je vous relancer, nous relancer dans cette folie, pour atteindre quoi, quel essoufflement de l’aspiration 

 

un souffle ténébreux

à sa table ou autour

cultive son dessein

s’y distrait

l’heure semble grave

construction de la fuite

la place du doute

l’instant de vérité

poser le fusain sur la feuille

essoufflement de l’aspiration

   les ateliers respectifs

   poussière

   et désordre

   histoire d’entropie

   au delà du chaos

. . . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

. . .