mai 24

 

 

 

H   Y   P   E   R   J   O   U   R   N   A   L

  p o u r

H   Y   P   E   R   T   E   X   T   U   R   E   S

 

 

. . . de chair et d’encre – elle y circule sauvagement

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220520241122 tr +

onde sonore : Paul Davies “Extemporanea” 2021

ON AIR

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des décennies

le point de départ

y revenir chaque jour

pensée-mots

en deux dimensions

malgré

   les coups de vent

au gré des rafales

où vont les feuilles

   chaque pensée avec

vers quelle stabilité finale

ou impossibilité congénitale

   arracher les mots

   la chair de la pensée

   ma chair de papier

   folle ô douce folie folle

   j’me fais un sang d’encre

mots-peinture

   telle image historique

   modélisée

   archétypale

   archétypique

au ras de ma tranchée

   mon arme – pinceau

à ras de terre je déterre

geste primaire

   vital vanitas

essentiel-souffle

respiration-mots

   captation extirpée

extraction décisive

   mais à quelle épreuve

   quel combat

de sable

   de poussière

d’encre

   et de cendres

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texte(s) en cours de remaniement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au fil des strates

encre & blanc correcteur sur Canson Montval 300 gr – 16×16

 

 

 

 

 

 

la chair du papier

 

 

 

 

160520240321 +

. . . la tenaille, l’épreuve. Ce n’est rien de le dire. Enfin, non, c’est un début. Ou plutôt, une récurrence, un recommencement. Je disais, mardi, cette idée, ce constat du cycle, tant au niveau macroscopique que microscopique, du collectif, de l’universel à l’individu ; de même avec le temps, au regard du temps. Matière et temps, tout est cycle. C’est si évident que ça à l’air d’une tautologie. Reste à définir l’état des choses vis-à-vis de l’objectif – le projet – si toutefois, c’est réellement possible, si ça n’est pas une posture ? Ce jeu entre force et faiblesse. Et puis le rythme (tempo?), oui, cycle et rythme. Revenir au point de départ. F me montrant un livre d’AB et quelques jours après nous regardons des reproductions de peintures. Puis, quelques semaines plus tard, c’est la découverte, la rencontre. Alors, comment évaluer hier et aujourd’hui, le projet ? Comment faire ça ? Certes les choses étaient latentes, posées bien avant. Il y a une carte d’adhésion, avec un autoportrait retouché – tout y est annoncé. Du coup, peut-être, comparer deux autoportraits ? Le point de départ et aujourd’hui, avant et maintenant, deux temps ? C’est une autre forme de “point de départ”. Une “situation”. Mais Troublante, dure, vraiment. Je ne crois pas – je doute

 

la tenaille

l’épreuve

ce constat du cycle

matière et temps

tout est cycle

définir l’état des choses

vis-à-vis de l’objectif

   le projet

entre force et faiblesse

      cycle et rythme

      revenir au point de départ

évaluer

      hier & aujourd’hui

      comparer deux autoportraits

le point de départ & aujourd’hui

      deux temps

      je ne crois pas – je doute

. . .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

150520240336 atelier M&A F – jour 5

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l’entrée clownesque

s’y forge

l’ultra funky

la relance peut-être

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dépayser

dépaver

   décalcomanier

   il y a quelque chose de presque tragique

revenir au point de départ

   ni bout du monde ni artifices

POINT A POINT B

   rémanence résurgence

petit a petit b

inventer la limite

au-delà de ce qui percute

dehors percute

l’art serait le sas

la machine à translater

circonscrire l’enthousiasme

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encre sur Canson 300 gr – 16×16

 

 

 

 

 

130520241223 – atelier M&A F – jour 3

 

 

 

ondes sonores

Paul Davies – série “Texture” puis “Landscapes” (en boucle)

Pierre Boulez “Répons”

 

 

trajectoire – suite

. . . ah ! droit devant – et puis, comment dire, sur une ligne géométrique – le lieu, par dessus tout, LE LIEU et LA ligne géométrique, la direction de la flèche, la direction du projectile ou du pas de course. En fait, une trajectoire, il faut tracer la ligne de A à B. Tracer la ligne de A à B ! 

 

* * *

 

ah !

devant

sur une ligne géométrique

LE LIEU

                impératif

la direction de la flèche

                           du projectile

du pas de course

T R A J E C T O I R E

tracer la ligne directe

            de A à B

tracer la ligne de A à B

impérieusement

tendu

   vers la cible

          Répons

 

 

* * *

 

ah !

devant

LA ligne géométrique

                                             vers

LE lieu impératif

la direction de la flèche

le projectile au pas de course

T R A J E C T O I R E

tracer la ligne directe de A à B

impérieusement

l’arc ainsi tendu vers sa cible

                                   Répons

à l’exclusion totale des courbes

alors oui peut-être entre-lacés

 

      ici et là-bas

         hier et aujourd’hui

      deux langues

      deux paroles

      deux histoires

         

 

 

 

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120520241730 – atelier M&A F – jour 2

 

trajectoire – suite

 

version 2

 

. . . et après, quoi, quel désir ? Nous ne savons pas – je ne sais jamais. C’est l’aveu – tout admettre ? Même si ça n’est pas glorieux, la matière s’y tient

 

 

version 3

 

et après

quoi

quel désir

nous ne savons pas

je ne sais jamais

c’est l’aveu

tout admettre

même si ça n’est pas glorieux

la matière s’y tient

 

 

 

 

 

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plateau-table – hommage à Jean Dubuffet –

 

 

 

 

 

100520241523 – atelier M&A F – jour 1

 

trajectoire 00

. . .  avant  le “plateau-table” (matrice texte : carnet toile de lin – pages 92 et suivantes)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

060520241013 . . . que tout ce qui serait balayé – ou – que tout serait balayé – ou – que tout sera balayé. Et ce qui doit l’être encore, encore et encore. Je balaie. Je balaie devant ma porte. Je balaie en monoculaire. La poussière serait immortelle ? Il semble que nous ne puissions pas en venir à bout. L’atelier de Francis, est-ce à dire qu’il a accepté, voir “renoncer” à combattre, l’entropie dérisoire ? Je ne sais pas. En fait, c’est comme la poussière blanche, le plâtre dans ce minuscule atelier, celui de la rue Hippolyte-Maindron : 17 m2. Quelle force-nous anime ainsi à vouloir faire place nette, à vouloir obstinément “ranger”, “mettre en ordre”, «être en règle», «inventorier», mais pourquoi, avec quoi, avec qui, envers qui ? Inversement, quelle force nous submerge dans l’atelier, la vie, lorsque nous lâchons prise ? Ce n’est pas qu’une histoire de paresse ou de contemplation infinie, il y a autre chose, quelque chose de plus profond, d’abyssal, ou au contraire, un plafonnement qui verrouille nos élans d’élévation. La chose est trop grande. Le constat du moindre désordre, prémisse au chaos ; est-ce insupportable parce que c’est inexorable, comme notre fin, notre belle finitude ? Nous craindrions le fameux tohu-bohu. Il faut bien admettre que tout est conditionné par ce rapport terrible à l’entropie. Cette obsession, consciente, ou pas, est peut-être notre enfer ici ? Oh! Rater – une seule fois, le rendez-vous quotidien de l’ordre, de son ménage, et c’est le début de la fin. Est-ce une forme de courage d’accepter l’inexorable, de ne pas lutter, d’être le roseau qui plie – l’être plastique, «flexible?» ou – autre politique, adopter la stratégie de la fuite, de la non-lutte ? Être contre l’injonction générale, notre éducation et notre culture ? Le territoire de l’entropie. Le territoire du chaos. Le plan d’immanence du désordre. Chaque tableau n’est que ça, comme le parcours, la trajectoire hallucinée d’une “particule de Dieu”. La plainte disparaît, elle s’essouffle, perd son souffle, asséché, l’être de terre rouge s’effondre, retourne à la matière brute, originelle, la poudreil n’y a plus de plainte, ni lamento, fini les lamentations, plus rien, juste l’instant et le passé s’évanouit – le passé s’évanouit – la brisure de l’interaction unifiée 0212 . . . tentative, oui, en creux, rien à faire, je cherche en vain. Finalement c’est assez triste comme constat. Parce que ce qui pourrait en relever, y faire référence, plus ou moins, est fragile, à peine tangible, quasi inexistant. Et ce qui pourrait être considéré, en fait, masque d’autant la béance. À y bien réfléchir, ça ne serait pas rare ni exceptionnel, mais, plus exactement le contraire, universel ? Pourquoi – qu’elle serait cette impossibilité à la légèreté ? Le poids du monde ? Comme s’il était vraiment impossible de s’en détacher ? Alors ça serait ça, des instants furtifs, interstitiels. En limite, en frontière d’existence. La chose inconnue. Rêvée certainement, mais uniquement. Il faudrait être aveugle, sourd et sans mémoire. Eux, oui. Ils avaient toutes les raisons d’y croire. Mais pas nous depuis. Vous comprenez, cet impossible, cette distance devenue terrible ? Je pourrais y aller, bien sûr, mais pour prouver quoi, une communauté d’esprit ? Peu importe si ce n’est pas envisageable. Il y a d’autres plans d’immanence. D’autres champs, à défaut, non sacrés où investir nos pensées, peut-être, nos prières ? Nul besoin de posture, autre qu’une simple quête de sincérité. Oui, un champ, rien d’autre, de l’herbe, et finalement, sur la toile, peu importe la couleur. En guise de pierres, des lettres, peut-être : I M P O S S I B L E . . . nul besoin de perspective, de figuration, la toile est le champ, la couleur est l’âme multiple, infinie ; déjà ça, et puis, peut-être, des lettres, des chiffres, tant de chiffres et d’inconnues. À présent, c’est tellement perverti que nous en perdons le sens. Le nombre. Ce n’est même plus “abstrait”, c’est “effacé”, “caviardé” par stratification d’informations contradictoires. Mais comme je ne l’ai pas lu, il faut que je l’écrive. Et puis vous savez, les lettres, les mots, les chiffres, là aussi ça perd son sens. Peut-être qu’il ne restera rien, juste une infinité de petits coups de pinceau, comme autant de petits brins d’herbe qui repoussent sur l’Histoire, cendres des cendres, l’infinité des noms

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

020520240023

. . . alors oui, c’est une pierre sonnante, enfin, plutôt chantante, de ce chant bizarre, plaintif ; peut-être plus un souffle, un peu sifflant, mais très fluctuant, changeant, tel, au large, enfin peut-être, ou sans peut-être d’ailleurs. Et puis non, c’est une pierre silencieuse, voilà, particulièrement inerte, mais très douce au toucher. Imaginez son histoire, depuis combien de temps, des millénaires, davantage, fragment d’un roc et de quelle montagne ou remontée de quelle profondeur ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

010520242207

vers toi, amie blessée, au pays des infantes

. . . là, ce n’est pas une petite chose. Une pierre minuscule, polie, couleur miel. Une suavité visuelle. Mais quel est sa place, son pouvoir, sa récurrence depuis “L’écriture des pierres” de Roger Caillois ? Que va-t-elle dire cette “chose” ? Parlera-t-elle de l’humain ou des stratifications de la terre ? Quelle est sa musique ? Quelle tristesse cachée, vitrifiée, de son histoire ? Avant l’apparition des bêtes, cette autre genèse. Et le sable, les cendres et les larmes du ciel, étaient-elles là pour sa constitution ? Quelle science le dira ? Quel laboratoire tranchera sa matière pour découvrir sa structure ? Elle parle de vibrations, de brise devenue tourmente. De sa couleur acquise de haute lutte contre les vents et les marées. Elle vient de là-bas, ces terres infertiles qui ravissent la moindre existence de passage. Ne dites rien. Elle vous raconte, ce caillou aux petites nervures, qui tient dans la main des pauvres, des sans fortunes, des sans esprit, des moindres, des riens. Elle dit sa tendresse au-delà du malheur de ce qui roule. Elle creuse le sillon de sa musique lancinante. Ne parlez pas. Écoutez son silence. Elle vous protège de la malédiction. Lorsque la montagne s’écroule, lorsque le sol tremble, que le volcan vous surprend, alors que vous pensiez la paix acquise pour toujours. Non ! Elle vous dit la vérité. Ne vous fiez pas aux apparences. La voix aimable est plus dangereuse qu’une horde de hyènes affamées. Votre pierre chante son lamento, pour vous, à votre place. Vous êtes jeune, une enfant. Votre vie s’annonce belle de mille promesses merveilleuses. Mais méfiez-vous infante, votre futur royaume est bâti sur du sable et des cendres. Que vous chante-t-elle encore, quel oracle ? Après ce temps d’effervescence, de croyance, de confiance, la lumière de l’aube était ravissante ; à présent, sous la pluie, dans la brume, quoi de plus tumultueux sur nos rives ? Elle vous a révélé le stratagème de la vie. La vapeur du bain masquait par son brouillard une beauté, une source infernale, progressivement métamorphosée en lave. Pourtant, de votre ruine, elle vous annonce une ère nouvelle, faite de cette légèreté bienfaitrice qui souffle à la surface d’une mer d’huile

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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